Catherine Estrade



                                Automne


 

Le champ farde en silence

la horde policée de l'été
 

Alors les monts

tracent sur les regains

des guerres apprivoisées de saisons égarées

 

Un murmure revient

porté au vent

il grignote engourdit

les douleurs les effrois

 

Les chevilles fragiles

les poignets
 

L'attache se délie

des mornes abandons

 

Car parfois le lien lâche

entre la peau et le corps tiède

 

Si les âmes

déclinent

en rouges éphémères

Les germes intrépides et les graines secrètes

 

Il reste que les êtres au bordure de l'automne

ne savent plus que faire

 

Mourir

 

ou dévorer l'envolée de la lande