Henri

Jour 2 - La nature est cruelle

 

Je me lève tôt. La drogue a tendance à me tenir éveillé, je ne suis pas fatigué. Je me débarbouille puis je vais faire un tour dans le camping que je n’ai pu qu’entrapercevoir la veille au soir. Les gens me sifflent de loin, j’entends des moqueries dans mon dos. Il faut dire que j’arbore une touffe de cheveux très sixties, j’ai une barbe de cinq jours qui me dévore le visage, je regarde autour de moi comme un ahuri et je porte un tee-shirt avec une feuille de cannabis énorme et une capuche intégrée. Alors les gens tout goguenards m’appellent Bob Marley une fois que je les ai dépassés ! Mais j’ai pas la tête à ça. Je flotte comme extérieur à ce monde. Je passe devant une petite piscine prise d’assaut par des bambins, je ne suis vraiment pas à ma place. Je termine mon tour en longeant l’accueil, ce qui me rappelle que mes 200 euros gagnés cet été, avec l’essence et l’autoroute déjà dépensées, font pâle figure devant les 35 euros qu’on va me demander par jours passés ici .

Je plie bagages et règle l’accueil. Je vais sûrement trouver un endroit aux alentours pour me mettre au vert. Après avoir déniché quelques cartes à l’office du tourisme, j’étudie les sites et points de vue de la région. Je me fabrique un itinéraire gallo-romain de Villeneuve lez Avignon jusqu’au mont Ventoux en passant par Vaison-la-Romaine. Parfait.

Je traverse le Rhône pour me rendre à Villeneuve. Au pied de la tour Philippe le Bel, je trouve le caveau d’un viticulteur. Il me vend un cubi de cinq litres de rouge et quelques poires juteuses. Je grignote et m’alcoolise tout en profitant des vieilles pierres de la ville.


En repartant en voiture, mon esprit est échauffé par le vin et il me prend, c’est étrange, comme un goût du crime. Un déclic hautement individualiste et antisocial me fait de temps à autres basculer du côté obscur. Je ralentis et j’observe aux alentours quel pourrait être le lieu de mon forfait. Je me gare aux abords d’un collège déserté pour les vacances. Cette collectivité locale fera très bien l’affaire. Ça me permettra de jouer au mauvais garçon sans avoir non plus le remords de m’en prendre à quelqu'un en particulier. D’un saut leste et expert, je franchis le mur d’enceinte en m’élevant sur une poubelle. Je m’arrête une seconde et demie, pas plus, au-dessus du mur pour vérifier qu’il n’y ait pas de gardiens à l’intérieur et que personne ne m’ait vu depuis la rue.

Une fois dans la cour, je me laisse entièrement envahir par mon instinct fauve et flaire où peut bien se situer la salle des ordinateurs. Toutes les portes-fenêtres de la cour sont fermées. Ça me laisse quand même voir de grandes salles vides et inutiles. Avant de me décider pour une bruyante effraction (je sens l’aura d’un habitant dans ce lieu…), je tente ma chance à l’étage supérieur en escaladant un chéneau. Je me retrouve sur une étroite coursive à trois mètres du sol qui fait office de balcon. Je me rends maître de cet espace et sans ciller, je visite du regard les salles de cet étage. Arrivé à la première extrémité du bâtiment, je me rends compte que l’on peut de nouveau me voir depuis la rue. Et diantre, un retraité, les mains sur les hanches, me regarde effectivement depuis son jardin ! Avec toute la fausse désinvolture dont on peut arriver à faire preuve dans une telle situation et sur une dalle de quarante centimètres de largeur, je fais demi-tour. Je me dis que j’ai encore quelques minutes avant que les bleus puissent se pointer et je peux encore explorer l’autre extrémité de l’étage avant de battre en retraite.

Là, ô joie, je tombe sur une fenêtre entrouverte. Sans réfléchir sur comment je vais remonter, je saute jusqu’à l’escalier sur lequel elle donne et boum, je suis à l’intérieur ! Ah ah ! J’ai accès au deuxième étage ! En arrivant sur le palier, je ralentis tout à coup : je suis nez à nez avec un étendoir où du linge a été mis a sécher. En face, la porte d’entrée d’un appartement. L’appartement du gardien ! Un reste de conscience me crie de fuir mais je ne peux pas me résoudre à partir à vide. Je dérobe le peu qui peut m’être utile : un parapluie et un ruban en plastique pour m’attacher les cheveux ! Je sens que je suis en train de mordre sur le temps imparti avant que la police n’arrive. Rapidement et silencieusement, je redescends jusqu’au rez-de-chaussée. La porte est fermée par une serrure tout ce qu’il y a de solide. Impossible de passer sans provoquer un grand fracas. Je remonte au premier. Je glisse le parapluie dans une jambe de mon short, puis j’utilise toutes mes qualités de gymnaste pour m’accrocher à la boiserie de la fenêtre et me hisser jusqu’à la coursive. Toujours sans bruit, je me lâche de cette dernière et traverse la cour jusqu’à un mur donnant sur une rue adjacente à ma voiture au cas où on m’y attendrait déjà. Il n’y a que le chant des cigales pour m’accueillir au tournant de la rue. Rassasié de mon culot, je reprends ma route.


Je ne m’attarde pas à Vaison-la-Romaine. La ville ne correspond pas à sa description de prospectus. Si on cherche on doit bien retrouver les monuments qui ont conservé la magie de l’ère des Césars, mais la petite ville a déjà trop d’opulence ; comme ailleurs, elle offre avant tout le spectacle d’un béton quadragénaire.

Je me laisse plutôt séduire par la conduite sportive dans le col qui mène au sommet du mont Ventoux. Une fois atteints les 1913 mètres, je passe l’observatoire météorologique et les nombreux touristes assemblés sur sa plate-forme panoramique. On n’a pas le droit de faire du camping sauvage, il faut que je trouve un endroit à l’abri de tous ces regards. La route redescend. Je m’enfile sur un sentier caillouteux qui bifurque à partir d’un sympathique restaurant en bois.

Arrivé en contrebas de la station météorologique, je réfléchis au fait que plus j’avancerai, plus je serai en vue. Donc, je me gare juste à la limite de voir apparaître la station. Pour plus de sécurité, je m’enfonce un peu sur le flanc de la montagne afin de ne pas être vu depuis le sentier. Magnifique. Je suis juste à l’altitude où la végétation cède la place à un désert de roche. Devant moi glissent une épaisse forêt et la plaine au loin.

J’avais bien regardé hier soir quand l’inconnu m’avait aidé à monter la tente. Je reproduis ses gestes sans trop de difficulté. Je galère par contre franchement pour ce qui est de bloquer les sardines dans ce terrain de pierre. Je finis par poser des monticules de cailloux dessus pour les coincer.

Je me pose enfin à l’intérieur de mon abri. J’utilise ce moment de paix au mieux en mettant à profit mon attirail psychotrope et un recueil de Jacques Prévert.


 La cène


Ils sont à table

Ils ne mangent pas

Ils ne sont pas dans leur assiette

Et leur assiette se tient toute droite

Verticalement derrière leur tête.


Deux heures s’écoulent, ma lecture m’a creusé le ventre, or je n’ai pratiquement plus de provisions. Je décide de descendre jusqu’à la prochaine ville faire des courses dans une supérette. Ça sera aussi l’occasion d’échanger quelques mots avec les indigènes.

Fier de ma faculté à savoir inventer chaque instant sans faire de calculs, je m’installe confortablement dans mon char, excroissance virile des hommes et des femmes modernes. Je passe la marche arrière pour remonter jusqu’à la route. Et là, c'est le drame : les roues ripent inutilement sur un lit de gravier. Je me dis que la manœuvre sera plus aisée en marche avant et repars vers le bas pour négocier un demi-tour. Une fois face à la montagne, la voiture dérape à nouveau. Je suis derechef immobilisé sauf que je me suis éloigné de plusieurs mètres dans l’opération. Même à l’arrêt, la voiture a tendance à déraper et à glisser plus bas, ça me fout les foies ! J’essaie alors de gravir de biais. Pour me mettre sur le côté, j’accepte de perdre encore un ou deux mètres. Une fois en place, je suis obligé d'accepter que ça ne fonctionne pas mieux. J’arrive tout juste à aller tout droit, perpendiculairement à la pente. Bon, bon, je suis plein de ressources. Peut-être qu’en prenant un peu d’élan vers le bas, la voiture sera lancée et je pourrai remonter selon une pente douce ? Ca fonctionne effectivement mais je perds beaucoup de hauteur en m’élançant et une fois que je remonte, la voiture décélère jusqu’à ce qu’elle dérape sur place. Le bilan de cette stratégie a beau être négatif sur mon altimètre affolé, j’ai quand même eu l’impression de remonter un moment. Alors je réitère ce plan ! Nouvel échec. Je me suis franchement éloigné de la tente et je me rends compte qu’à cet endroit la pente est encore plus abrupte. Je me dis que j’aurai plus de chance là où j’étais garé. Je refais demi-tour en partant vers le bas. Je me rapproche de la tente mais elle est beaucoup plus haut maintenant !

Oh et puis merde, puisqu’elle ne veut que descendre cette saloperie de caisse… je descends ! Après m’être remis dans le sens de la pente, je sors de la voiture, cette fois-ci avec l’idée de repérer un passage à travers les arbres pour rejoindre une route plus bas. Je fais face à l’immense forêt. Dense forêt d’un vert tendre, comme une sirène, elle déploie ses charmes pour que je vienne m’y perdre. Il y a effectivement un passage possible au départ. La pente n’est pas trop raide. En employant une extrême prudence, il y a peut-être là quelque chose à jouer.

Je m’enfonce à pied dans la forêt en surveillant partout s’il y a un espace assez grand entre deux arbres pour passer une voiture. A certains endroits, il n’y en a pas. Je regarde alors l’arbre le plus frêle et inspecte s’il sera possible de le couper avec une serpe. Je me dis qu’il faudra aussi m’équiper d’un mètre pour vérifier la largeur des passages avant de m’y engager. Et ainsi, je descends petit à petit, retrouvant de l’optimisme sur ma situation et niant le fait que je croise pas mal d’endroits où il sera vraiment délicat de frayer un chemin à la voiture. Parvenu beaucoup plus bas, je retrouve le plat et la forêt s’éclaircit. Par rapport à ce qui a précédé, il n’y aura plus aucun soucis pour circuler. J’ai l’impression d’être sur une autoroute !

J’ai terminé ma mission d’éclaireur, je rejoins à travers bois la départementale que j’entends depuis un moment sur le côté. Je m’occuperai de m’équiper demain matin et en une journée grand max ce sera réglé. En attendant je vais rejoindre mes pénates. Après avoir enjambé le rail de sécurité, je me poste sur le bord de la chaussée, tend le pouce et attends. J’attends… C’est pas gagné, il n’y a quasiment pas de circulation dans ce coin paumé et le peu de voitures qui passe ne s’arrête pas. Au moment où je commence à me résigner à l’idée qu’il va falloir que je remonte à pied, une femme dans une Renault rouge finit par s’arrêter. Elle rentre du boulot, elle est crevée. Pas franchement aimable, elle a quand même eu le cœur de me prendre. Les femmes sont merveilleuses. On remonte le col, j’ai fait une sacré promenade n’empêche ! Elle me laisse devant le chalet restaurant. Et moi, je repars sur le sentier caillouteux. En voiture tout va tellement plus vite ; il me faut une demi-heure pour rejoindre l’endroit où j’imagine avoir laissé ma tente. Je regarde partout autour – il y a de l’espace – je ne trouve rien. Je me rappelle avoir établi mon campement au détour d’un lacet. Mais lequel, ici il n’y a que ça des lacets ! Depuis le chalet, j’en ai déjà dépassé trois. C’est peut-être le suivant. J’y vais. Une fois arrivé, la situation commence à m’inquiéter. Je ne trouve toujours ni tente, ni voiture mais cette fois-ci le jour se fait crépusculaire. Je commence à ne plus voir au loin, si je ne retrouve pas rapidement ma tente, je vais passer un sale, sale quart d’heure. Je ne reconnais rien aux alentours. C’est pas possible, je n’ai jamais dû venir ici. Je décide de retourner au troisième lacet, dont les alentours m’étaient beaucoup plus familiers. Je presse le pas, je finis même par courir. Une fois sur place, on n’y voit plus à dix mètres. Je me mets à tâtonner de ci de là. En vain.


Maintenant il fait nuit. J’avais laissé mon portable dans la tente. Je me rends compte également que je n’ai pas mon portefeuille. Je rejoins le sentier et me mets à marcher en direction de la départementale. Le faible halo des étoiles me permet tout juste de distinguer entre le chemin et le flanc de la montagne. Je marche à l’aveuglette, je n’arrête pas de trébucher. A ce rythme-là, je vais mettre plus d’une heure à rejoindre le restaurant. Là-bas je pourrai faire du stop et redescendre dans une ville de la vallée. Après j’aviserai. Au moins j’aurai quitté cette terre désolée et je serai à l’abri du froid apporté par le vent qui s’est mis à souffler plus fort.

Ma marche est saccadée. J’ai déjà marché tout l’après-midi et maintenant je suis forcé d’avancer dans le noir sur des cailloux, j’ai les pieds défoncés. Le froid me transperce sur ce chemin ; quand j’avais quitté la voiture j’étais en short et en T-shirt. Mauvais calcul.

Tout à coup, j’entends des bruits derrière moi. Je m’immobilise. Un éboulis de pierre, des buissons qui sont remués et comme un grommellement sourd. Putain dans l’état de fatigue où je suis, j’ai beau avoir du cran, je vais avoir du mal à m’en sortir face à un sanglier ! Le bruit disparaît. Est-ce qu’il est toujours là ? Et puis cette route qui n’en finit pas. Une voiture me fait voir que la départementale fait un lacet un peu plus haut. Je n’ai pas envie de rester sur ce chemin. Et pis il se fait tard, c’était déjà pas évident de faire du pouce tout à l’heure, je me dis que j’ai tout à gagner à couper par le flanc.

Je me lance sur la côte. C’est difficile, elle est raide et recouverte de ces mêmes enfants du diable de graviers qui m’ont mis dans la panade plus tôt. Je grimpe à quatre pattes, ventre à terre même, ce qui ne m’empêche pas de déraper dangereusement. Au bout d’un moment je me rends compte que je ne progresse pas plus vite comme cela. C’est une leçon que je ne suis pas près d’oublier : en terrain accidenté on ne gagne jamais de temps à s’épuiser en coupant au travers des lacets. Maintenant ce sont mes mains, mes jambes, mes bras qui sont écorchés et transis par le froid qui a déjà gagné la pierre. En regardant plus haut, je devine enfin la départementale. Mais, malgré la vingtaine de mètres qui me sépare du sentier en contrebas, je ne suis qu’à mi-chemin. Ma frousse au bord du sentier a rappelé à mon bon souvenir la cruelle présence de la nature. Est-ce qu’en retournant toutes ces pierres, je ne vais pas finir par déranger une vipère ? Si je me fais mordre, je dégringole jusqu’en bas, tout cassé et empoisonné. Alors j’avance, mais je ne sais plus si c’est le froid qui fait trembler mes membres.

Je retrouve la départementale. Je suis à bout de fatigue, il n’est plus question que je fasse un pas. L’heure du repas est dépassée depuis longtemps, il doit être onze heures. Je m’assieds au bord de la route et me cache du vent qui emprunte avec encore plus de véhémence ce couloir. J’emmitoufle mes jambes et mes bras dans le T-shirt et resserre la capuche. En voyant leurs phares s’approcher, je me relève par trois fois pour arrêter les dernières voitures. Ces fils de rien me lancent un regard courroucé de les avoir surpris dans leur somnolence et ne ralentissent pas. Et puis plus rien. Le temps passe et me fouette le visage. Je sais que je ne pourrai pas passer la nuit comme ça. J’ai pourtant fait des tonneaux en voiture, un gaillard a déjà pointé une lame sur moi, mais je n’ai jamais eu peur comme ça. Avant le matin, une heure va venir où tous ces picotements vont me donner la sensation d’une intense chaleur et je mourrai de froid. Pourtant le temps passe…

Au milieu d’une série de faibles gesticulations d’avant en arrière, j’entends une nouvelle voiture s’approcher. C’est la chance à ne pas laisser passer. Tout engourdi, je me lève et me place en plein milieu de la route. Une Mercedes déboule et se voit obligée de freiner sèchement. A l’intérieur un homme grassouillet est éberlué. En me rapprochant de la voiture, je vois que des images d’attaques de diligences défilent dans ces yeux et qu’il est effrayé. C’est pour ça que j’avance jusqu’à sa vitre tout en restant collé à l’automobile pour lui éviter de céder à la pulsion de démarrer en trombe. Je lui explique mon désarroi. Je vois qu’il y a une fillette sur le siège passager. Sans se détendre, il me dit de monter à l’arrière. Il me demande où je veux aller. Je lui réponds la première ville sur son chemin. Il dit qu’il m’arrêtera à Bédoin. Pour un voyageur de mon espèce ça fera l’affaire ! Une fois installé, je retrouve des couleurs. J’expulse toute la tension de ces dernières heures en piquant une colère verte. J’assimile mon chauffeur aux trois derniers conducteurs et je le mitraille en lui demandant s’il n’est pas un peu con de s’imaginer qu’un type franchement au milieu de nulle part, grelottant en short et en T-shirt à une heure du matin – je vois l’heure sur le tableau de bord – pouvait être un braqueur. Je me calme aussitôt, surtout à cause de l’enfant, et m’excuse en lui faisant part de ma déconvenue avec les derniers automobilistes. Il ne le prend pas mal. Il m’avoue de plus que toutes ces voitures venaient tout comme eux de la station météorologique et qu’ils sont les derniers à l’avoir quittée. Cette information, et les images qu’elle fait émerger dans mon esprit, en termine avec ma résistance. Le reste du voyage se poursuit dans le silence.

Mon papi me lâche au milieu d’une petite ville endormie. En me dirigeant vers le centre-ville, je tombe sur une minuscule fête foraine éteinte. Il reste un forain en train de démonter les rampes de son manège. Étant donné qu’il n’y a plus personne nulle part, je m’approche de lui. Il me demande un coup de main pour l’aider à ranger. Je l’assiste un bon moment. A la fin, je lui dis que je n’ai pas d’argent et je lui demande s’il n’aurait pas un petit quelque chose à manger. Il va jusqu’à sa guitoune et revient avec une pomme et un reste de paquet de biscottes d’une mauvaise marque. Le type est chic, c’est tout ce qu’il a trouvé. C’est un gitan qui en a vu d’autres et qui sait lire les gens. Mon air défait lui fait un peu pitié et il me dit que son voisin, celui qui tient les auto-tamponneuses, me paierait pour l’aider à remballer le soir.

Je retiens l’information et nous nous séparons. Je me dirige un peu plus loin sur la place de la ville. Il n’y a aucun petit coin à l’écart. Je ne peux pas dormir comme ça à la belle étoile, il m’arriverait des histoires. Enfin encore d’autres histoires ! J’opte plutôt pour les toilettes publiques.

A l’intérieur, je déguste la pomme et me force à avaler les biscottes qui sont dures et sèches. Je me cale pour la nuit en faisant un bon plâtre dans mon estomac en avalant un litre d’eau. Ensuite, résigné, je m’enferme à l’intérieur d’une chiotte et me recroqueville une fois de plus dans mon T-shirt. A même le sol. Je peux vous dire, que le froid et la dureté que je ressens à ce moment-là ne sont maintenant que de la rigolade et que je ne mets pas longtemps à m’endormir.

 

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