Catherine Estrade




                                Au milieu
 

L'arbre à quelques pas
du croisement vert d'amande
des touches de peintures
au bord des vagues huileuses

Rien
si ce n'est l'équilibre
à quelques pas du centre

Et sort des panses molles
le désir plus que là
parce que dans l'air encore
se tracent les mémoires

 

des prémices

 

Les pieds pris dans la tourbe
Le chant monte
et déterre

J'essuie la glaise sur mes cuisses
sur le dos de ma main
sur le bas de mon dos

 

L'arbre
Juste au point final d'une croix
crocheté patiemment tyrannique de là où

 

tyrannique

 

Je cheville mes plaies
des blés rêvent en poussière
Je cheville mes plaies lentement

 

A la fourche
Carrefour de nœuds
l'arbre vibre

Où j'enracine ma peau

Il y a peu pourtant
Je volais